Un plant de fraisier peut présenter des perforations irrégulières sur ses feuilles, même en l’absence de signes évidents d’insectes. Des attaques surviennent parfois en dehors des périodes de forte activité des ravageurs classiques. Certaines pratiques culturales favorisent involontairement la prolifération de nuisibles spécifiques et compliquent l’identification des coupables.
Des traitements répétés à base de produits chimiques peuvent renforcer la résistance de certains insectes et rendre les interventions inefficaces. La distinction entre dégâts d’origine animale et traces liées à des maladies cryptogamiques reste souvent délicate, ce qui complique la prise de décision pour la protection des plants.
Pourquoi les feuilles de fraisier présentent-elles des trous ?
Au potager, sur le rebord d’une fenêtre ou en pleine terre, les fraisiers attirent toute une galerie de visiteurs. Malheureusement, certains laissent des traces bien visibles : des trous dans les feuilles, indices d’un passage discret mais efficace. Démêler la cause de ces attaques tient parfois du casse-tête, car ravageurs et maladies savent se faire oublier au bon moment.
La plupart du temps, lorsqu’on découvre des perforations sur les jeunes feuilles ou le feuillage mature, limaces et chenilles sont en première ligne. Ces visiteurs nocturnes n’hésitent pas à s’attaquer aux tissus les plus tendres, laissant derrière eux des trous nets, parfois cernés de zones jaunâtres. D’autres coupables agissent en toute discrétion, comme l’otiorhynchus sulcatus, plus connu sous le nom de charançon de la vigne. Celui-ci entame les bords des feuilles, créant une découpe en feston assez typique.
Mais il ne faut pas accuser uniquement les insectes. Certaines maladies, comme la tache commune ou la criblure, provoquent aussi des perforations après la nécrose des tissus. L’humidité persistante, un excès d’azote ou un manque d’aération favorisent l’apparition de ces pathologies. Les feuilles de fraisier deviennent alors le terrain d’affrontement entre ravageurs et agents pathogènes.
Il est utile de jeter un œil autour du carré de fraisiers : la proximité d’arbres fruitiers ou d’arbustes offre abri à des insectes migrateurs, toujours prêts à investir les jeunes pousses à la moindre occasion. Une inspection régulière, notamment du revers des feuilles, permet souvent d’identifier le problème avant qu’il ne s’aggrave.
Reconnaître les principaux ravageurs et comprendre leurs dégâts
Les fraisiers n’échappent pas à la convoitise des ravageurs dès que les températures grimpent. Parmi les plus présents, limaces et escargots sont faciles à repérer : ils laissent des trous irréguliers, parfois larges, accompagnés de trains de bave. Quand ils prennent goût aux jeunes pousses, mieux vaut agir rapidement, car leur appétit ne s’arrête pas aux feuilles.
Les chenilles de plusieurs papillons s’invitent aussi à la table. Elles découpent de petites portions de limbe avec une précision qui trahit leur présence. Elles se cachent sous les feuilles, là où la lumière peine à les atteindre. Un adversaire moins visible mais redoutable : le charançon de la vigne. L’adulte attaque les bords des feuilles, dessinant des festons caractéristiques, tandis que ses larves s’en prennent aux racines, mettant en péril la vigueur des plants.
Tableau des principaux dégâts
| Ravageur | Type de dégâts | Période d’activité |
|---|---|---|
| Limaces, escargots | Trous irréguliers, traces de bave | Nuit, printemps-automne |
| Chenilles | Découpe en arcs, petits trous | Printemps-été |
| Otiorhynchus sulcatus | Bords festonnés, affaiblissement racinaire | Nuit, toute la saison |
Les mouches des fruits ne se privent pas non plus de rendre visite aux fraisiers. Elles s’intéressent surtout aux fruits mûrs, ce qui peut compromettre la récolte. Gardez un œil sur le feuillage et les racines : une réaction rapide fait parfois toute la différence entre une belle récolte et une déception.
Des solutions naturelles et chimiques pour protéger vos fraisiers
Pour réduire les dégâts sur les feuilles de vos fraisiers, différentes stratégies existent, du préventif au curatif. L’engouement pour les méthodes naturelles se confirme, que ce soit en pleine terre, sur un balcon ou sous abri. Voici quelques options concrètes à envisager :
- La pose de pièges à bière, placés à proximité des plants, attire limaces et escargots. Leur efficacité dépend de leur renouvellement régulier.
- Une barrière de cendres ou de coquilles d’œufs broyées, disposée autour des fraisiers, décourage la progression des mollusques, sans danger pour les plantes.
- Enrichir la biodiversité alentour favorise la présence de hérissons, carabes ou oiseaux insectivores, précieux alliés contre les ravageurs.
En cas d’attaque par otiorhynchus sulcatus ou par les chenilles, il existe une solution biologique efficace : l’ajout de nématodes entomopathogènes dans le sol. Ces micro-organismes ciblent les larves sans perturber l’équilibre du jardin. Sur le feuillage, l’emploi ponctuel d’un insecticide homologué, à base de pyrèthre par exemple, peut s’envisager en dernier recours, à condition de respecter la réglementation et de préserver les insectes utiles.
Lors de fortes attaques, une surveillance accrue s’impose : retirer à la main les parasites visibles, tôt le matin, limite leur impact. Un apport raisonné d’engrais, sans excès d’azote, renforce la résistance des fraisiers et les rend moins sensibles aux maladies. Enfin, l’entretien régulier, suppression des déchets végétaux et du paillis en excès, réduit les abris disponibles pour les nuisibles.
Le choix des solutions dépend du contexte : potager familial, balcon-terrasse ou massif ornemental. Alterner prévention et interventions ciblées permet de limiter les trous dans les feuilles, tout en préservant la santé des plants et la qualité des futures fraises.
Adopter de bonnes pratiques pour prévenir les attaques au jardin
La prévention reste une alliée précieuse pour des fraisiers en bonne santé. Plusieurs gestes simples limitent le risque de trous dans les feuilles dès la mise en place des plants. Premier réflexe : faire tourner les cultures. Évitez d’installer vos fraisiers au même endroit d’une année sur l’autre, et alternez avec des légumes moins sujets aux attaques pour perturber le cycle des parasites.
Un sol bien drainé s’avère précieux. Surveillez la quantité d’engrais azoté, car une fertilisation trop généreuse attendrit les tissus et attire davantage de ravageurs. Optez pour un paillage naturel, paille, feuilles mortes, compost mûr, pour protéger la surface, limiter l’évaporation et freiner le passage des limaces. En pot ou sur balcon, vérifiez le substrat après les pluies ou l’arrosage, car l’humidité persistante multiplie les cachettes pour les nuisibles.
Retirer sans tarder les feuilles abîmées ou atteintes par la maladie limite la propagation des agents pathogènes et réduit les refuges pour les insectes. Nettoyez régulièrement autour des plants, débarrassez-vous des débris végétaux et limitez l’enherbement. Miser sur la diversité végétale dans le jardin attire davantage d’auxiliaires, véritables partenaires dans la lutte contre les parasites du fraisier.
En combinant ces gestes, vos fraisiers affrontent mieux les attaques, qu’ils poussent au potager, sous des arbres fruitiers ou sur une terrasse baignée de lumière. Mieux armés, ils promettent des feuilles intactes et des fruits à croquer, loin du ballet silencieux des ravageurs.



