À Pâques, les branches de saule ne demandent qu’à être coupées. Ce timing n’a rien d’anodin : les rameaux fraîchement taillés s’invitent aussitôt dans les décors printaniers, que ce soit à la maison ou dans les massifs du jardin. L’automne autorise une taille plus discrète, sans conséquence grave pour l’arbre. Pourtant, en raccourcissant trop la ramure à cette saison, on se prive d’un spectacle hivernal : ces branches tourmentées, couvertes de givre ou ployant sous la neige, valent bien quelques rameaux en moins sur la table du salon.
Quelle sera l’intention de la coupe ?
Avant de saisir le sécateur, la question à trancher : veut-on une taille radicale, « sur la tête », qui rase toutes les branches, ou préfère-t-on jouer les sculpteurs et donner au saule une allure singulière ? Ceux qui façonnent dès les premières années une belle structure n’ont ensuite besoin que d’un outillage minimal : un sécateur bien affûté, une petite scie suffisent. Plus besoin de batailler chaque année contre des branches épaisses et récalcitrantes.
Pour obtenir chaque année des couleurs éclatantes sur l’ensemble de la ramure, il faut oser la coupe franche : couper court, sans états d’âme. Les saules aiment la lumière : leur feuillage s’épanouit au soleil, l’ombre les contrarie. On peut tout à fait les laisser pousser sans intervention, mais ils donnent alors le meilleur d’eux-mêmes en sujets isolés, taillés régulièrement, ou plantés en petits groupes clairs. Avec l’âge, la palette vive de l’écorce s’émousse : le jaune éclatant, l’orange ou le rouge ne brillent vraiment que sur les rameaux de l’année ou de l’année précédente.
Voici dans quels cas une taille estivale peut se justifier :
- En été, une intervention se limite à rétablir la vue depuis une fenêtre ou à empêcher les branches d’empiéter sur un massif de fleurs ou de projeter trop d’ombre sur le jardin.
Le saule supporte sans broncher toutes les fantaisies du jardinier, que ce soit en le rabattant sévèrement ou en taillant de manière plus libre. Néanmoins, ce choix a un prix : on sacrifie l’allure hivernale, ce dessin naturel des rameaux, pour une silhouette plus compacte, parfois trop régulière, presque artificielle.
Autre effet d’une taille trop stricte :
- Quand l’ombre devient trop dense, des brindilles faibles et peu lignifiées se développent à l’intérieur de la couronne, brouillant la structure et affaiblissant l’arbre.
Envie de multiplier un saule ? Rien de plus simple : il suffit d’enfouir une branche au printemps, dans l’eau ou directement en terre. Ceux qui préfèrent démarrer avec un jeune plant trouveront leur bonheur chez un horticulteur.
Les plus beaux saules pour le jardin
Le spectacle commence souvent avec le saule tordu aux cheveux roux (Salix erythroflexuosa) : son écorce oscille entre jaune et orangé, ses rameaux retombent gracieusement, et il peut dépasser dix mètres de hauteur. Autre géant, le saule de Matsudova (Salix matsudana Tortuosa) arbore des écorces vertes à gris-vert et tutoie parfois les vingt-cinq mètres.
La famille ne s’arrête pas là. Parmi les variétés appréciées, on retrouve le saule blanc (Salix alba), le saule violet (Salix purpurea), le saule cassant (Salix fragilis) ou encore le saule à panier (Salix viminalis). Chacun a son caractère, sa couleur, son port, sa façon d’habiter le paysage. À chaque jardinier de choisir le complice idéal pour accompagner les saisons, et bouleverser la silhouette du jardin d’un simple coup de lame. Qui aurait cru qu’un saule pouvait autant transformer l’allure d’un coin de verdure ?








